APPEL AUX CHERCHEURS



Le sujet MARAT requiert, aujourd’hui encore, des recherches et des découvertes.

Des chercheurs et des lecteurs transmettent ci-après des questions

concernant des points non élucidés ou imprécis.


Qui voudra les aider ?


ANGLETERRE

Une question


Un compte rendu des Chains of  Slavery de Jean-Paul Marat reste introuvable.

Il a paru en 1774 dans The Critical Review, XXXVII, pp. 366-370.

Un chercheur anglais pourrait-il nous aider à en obtenir une photocopie ?


ANGLETERRE - ECOSSE

Une question


On sait que la seconde édition en français (revue et augmentée) du livre de William Buchan, Médecine domestique, ou Traité complet des moyens de se conserver en santé, de guérir & de prévenir les maladies par le régime & les remèdes simples est faite par G.D. Duplanil, médecin ordinaire du comte d’Artois en 1779. Mais ne serait-ce pas Marat qui aurait fait la toute première traduction française ? Buchan est un de ses parrains à l’Université Sint Andrew.



FRANCE

BORDEAUX

Une question


Pour la grande majorité des historiens et biographes, quand Jean-Paul Marat quitte Neuchâtel, il se rend à Bordeaux pour une fonction de précepteur auprès des enfants de Pierre-Paul Nairac, commerçant en gros et raffineur en sucre puis très impliqué dans la traite des Noirs. Le contact avec les Marat se ferait, dit-on, à l’instigation de sa seconde épouse, Jeanne-Barbe Welter, d’origine suisse.


Réponse : Sur la première page d’un des exemplaires recopiés à la main du Mémoire de Marat, Eloge de Montesquieu, figure la note : ‘Marat était resté 2 ans à Bordeaux. Il avait, dit-on été précepteur des enfants de M. Nairac’. Une des sources des biographes ?

D’autre part, un document sur lequel M. Keith Baker a bien voulu attirer notre attention indique que, dans cette branche-là de la famille Nairac, l’aîné des 3 enfants est né en 1761, soit deux ans après que Marat ait quitté Neuchâtel !


PARIS

Trois questions

1.

Tout apport de document donnant des précisions sur les activités de Marat pendant la période avril-juin 1789 est demandé (lettres passées en vente publique, documents de collectionneurs…)


2.

Aucun contact épistolaire de Marat avec les députés patriotes des Etats-Généraux (contacts dont il parle dans son Journal) n’est passé à la postérité. Merci pour toute information sur ce sujet.


Réponse : Monsieur Ghislain Smet de Bruxelles nous signale que le site www.museedeslettres.fr/public/recherche présente une lettre, visiblement de la main de Marat, cachetée de cire rouge, adressée au siège de l’assemblée nationale à Jean-Louis d’Emery, député des Etats-Généraux, et datée d’août 1790. En voici le texte:

Marat attend du zèle de Monsieur d’Emery

qu’il deployera ce soir son eloquence, pour obtenir

que les droits de l’homme et le principe consacré de la

liberté de la presse, indignement violeés a son egard par le Comité

de police de Paris soient maintenus, la conduite

du Comité improuvée, les papiers enleves despotiquement

rendus et le plaignant, mis sous la sauvegarde de l’assemblee

nationale, de meme pour que le plaignant soit entendu

et la lecture de la lettre qu’il a ecrite a M. le President

demandee.

Il se flatte que Monsieur d’Emery engagera M. le Comte

de Mirabeau à le juger come il l’a promis.



En note, M. Smet ajoute que le député d’Emery et Mirabeau seront rapidement considérés par Marat comme des opposants à la Révolution, le premier se discréditera totalement en proposant un décret contre la garnison de Nancy (voir ce rappel dans L’Ami du Peuple n° 325 du 30 décembre 1790). Il pense que cette lettre a donc déjà le ton d’une provocation pour forcer à appliquer ce que l’on dit, mais que l’on ne fait pas.   


3.

Qui pourrait nous transmettre les photocopies des documents concernant Marat dans les «Pochettes» de l’Académie des Sciences de Paris ?


ROUEN

Une question


Pourrait-on obtenir une copie du Mémoire que Marat donne à l’Académie de Rouen, sous le pseudonyme du Docteur Tomacereau de Versailles surLes moyens de porter L’Encyclopédie au plus haut niveau de perfection” (prix remporté par l’avocat Marcel de Cetray) ?


ITALIE

FLORENCE

Une question


Marat a transmis ses Découvertes sur le Feu, l’Electricité et la Lumière au secrétaire de l’Académie Georgofili de Florence, le 15 juin 1779. Celui-ci a montré ce travail au docteur Antonio Durazzini qui lui a conseillé de le transmettre à leur collègue Carlo Alfonso Guadagni, dans le but de replicare tutti gli esperimenti. Un chercheur pourrait-il savoir s’il y a une trace de ces expérimentations et un avis les concernant dans les procès-verbaux de cette Académie ?


SARDAIGNE

CAGLIARI - SASSARI

Une question


Le père de Jean-Paul Marat (et de ses 8 frères et sœurs), Juan Salvador Mara, est né et a été baptisé en 1704 à la paroisse de La Marina à Cagliari en Sardaigne. Ses parents sont Antonio Mara et Miliana Trogu [Lothis], ils se sont mariés en 1699.

D’autres informations sur cette famille Mara, pourraient-elles être découvertes ? On sait que le grand-père paternel, lui, est originaire de Sassari.


Réponse : Un début de correspondance est établi depuis peu entre POLE NORD et une branche des Mara de Sardaigne, dont des aïeux se souviennent d’un prêtre ayant connu des difficultés avec sa hiérarchie (à suivre).


RUSSIE

Deux questions


1.

Le 24 mars 1794, David Mara (de Boudry) a une première fille, Marie. La mère est Maria Timofeieva, fille du capitaine Labkov. Le 29 août 1802, il a une seconde fille, Olympiade, dont la mère est Anna Semenova, fille du traducteur de langues orientales Kilimtchin. Quand cette seconde famille s’installe à Saint-Pétersbourg, chez les Mirkovitch, Marie en fait partie. Qu’est devenue Maria Timofeieva ?


Recherche de tout document en provenance de la Russie, concernant David Mara – de Boudry et ses deux filles, Marie et Olympiade. Nous savons qu’Olympiade a suivi, à partir de 1817, des études à l’Institut Sainte-Catherine, où professait son père.


2.

Peut-on trouver des traces d’un inventaire des biens de David de Boudry à sa mort en 1821? Comment son héritage a-t-il été réparti ? Que sont devenues ses deux filles, Marie et Olympiade : lieux de séjours, professions, mariages, descendance… ? Des documents, livres, manuscrits… appartenant à David de Boudry ont-ils été légués à l’une ou l’autre institution?



SUISSE

GENEVE

Cinq questions

1.

Elle concerne les études de David Mara à Genève.

Il apparaîtrait trois fois dans le Livre de compte de la Bibliothèque. A quel propos ? Peut-on obtenir une photocopie de ces mentions ?  1773 – 1775 - 1777

Référence :  Arch. Ba 3 p. 87, 95, 102. David apparaîtrait aussi dans Acad. Ge 1 n° 1001. Même question.


2.

Un livre de J. A. de Luc, citoyen de Genève et intitulé Lettres physiques et morales sur l’histoire de la terre et de l’homme, adressées à la reine de Grande-Bretagne et publié à La Haye et Paris en 1779 contiendrait un passage sur Marat au tome 5, partie II, p. 592. Qui connaît ce passage? Pourrait-on en obtenir une copie?


3.

Georges-Louis Lesage (1724-1803) a écrit à Marat au printemps 1781, en lui donnant des observations sur ses travaux, et Marat lui a répondu le 11 avril 1781. L’original se trouverait à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève. Qui pourrait vérifier et obtenir une copie des deux documents ?


4.

Quelque chercheur ou amateur suisse peut-il retrouver l’Acte de décès de la mère de Marat, Louise Cabrol, à Genève – 26 avril 1782 et en transmettre  une photocopie ou, tout au moins, le texte complet ?


5.

Sait-on quels enfants Mara étaient présents au moment des décès de leurs parents à Genève (avril 1782 et  janvier 1783) ?

Peut-on trouver des traces de correspondance familiale pour les années 1783-1793 ?



NEUCHATEL ET PRINCIPAUTE DE NEUCHATEL

Six questions

1.

On nous signale que la maison indiquée à Boudry comme étant celle où vécurent les Mara et où naquit Jean-Paul Marat, n’est pas exacte.

En effet, dans le Manuel de Justice de Boudry, on trouve ceci :


21 mars 1747

Sur la requête de Jean Mara, habitant de Boudry et dessinateur dans la fabrique d’indiennes des sieurs Clerc et Cie, exposant qu’il aurait eu le malheur de perdre, il y a quelques semaines, trois dessins depuis la maison qu’il occupe jusqu’au faubourg, et quoiqu’il ait eu la précaution de faire publier par le sauthier une récompense pour la personne qui les aurait trouvés, il supplie le Conseil d’ordonner à M.le Châtelain de Boudry de faire des enquêtes secrètes dans la vue de découvrir l’auteur de ce vol. - Délibéré, il est ordonné à M.Pury, Conseiller d’Etat et Châtelain de Boudry de faire des enquêtes secrètes, etc.

Il s’est passé que le Sieur Mara paiera un écu neuf (6fr. aux fourniers du haut), pour le fournage, ou qu’il sortira du lieu.


La maison où est apposée actuellement la plaque commémorative se trouve dans le faubourg, si l’on considère que le bourg s’arrêtait à la porte (fermée la nuit) qui se trouvait de l’autre côté du pont. Si on interprète ce texte avec cette réflexion, cela signifierait qu’en 1747, soit les Mara n’habitaient plus au même endroit, qu’ils auraient déménagé, soit qu’ils n’auraient pas habité du tout là où on le suppose.

Y a-t-il des avis motivés sur cette question ?


2.

La grande famille des Mara s’installe à Neuchâtel grâce au soutien de Milord Maréchal, George Keith, gouverneur, représentant du roi de Prusse dans la Principauté de 1754 à 1768 (A noter : les Mara quittent Neuchâtel en 1768).


Sur l’information donnée à Monsieur le maire de la Ville qui avait pris la peine d’en faire part à Monsieur le Maître-bourgeois en chef, que Milord Gouverneur, employant le Sieur Mara, verrait pour cet effet avec satisfaction, qu’il ne fût pas interrompu dans son travail. Le Conseil, sans en avoir été absolument requis, a bien voulu, nonobstant son arrêt du 25e février de cette année, permettre que ledt Mara reste dans cette Ville tout aussi longtemps que Milord notredit Seigneur Gouverneur le trouvera bon.

Archives de la Ville de Neuchâtel – Manuel du Conseil général, tome 21


Première partie de la question : Cette requête indique bien qu’il s’agit d’une intervention personnelle de George Keith, mais serait-il possible de savoir ce que stipulait cet arrêt du Conseil d’Etat du 25 février 1754? La seconde partie de la question est de savoir en quoi pouvait consister l’emploi de Jean Mara au service du Gouverneur.


3.

Marianne Mara, née le 2 mai 1742 a été reçue à la Ste Cène, à Noël 1758 ; Marie Mara née le le 5 septembre 1746, y a été reçue à Noël 1762. Les deux cérémonies ont lieu à Bevaix, où habitait Catherine Molinier, leur grand-mère maternelle. Peut-on savoir si et quand les autres enfants Mara auraient été reçus à la Ste Cène, et en particulier Jean-Paul ? Logiquement, cette réception a dû avoir lieu avant son départ en 1759 ? Trace ?


Réponse: Monsieur Jean-Pierre Renk de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel a consulté, sur les microfilms de la paroisse de Bevaix, la liste des catéchumènes reçus au milieu du XVIIIe siècle. Deux sœurs de Jean-Paul Mara (Marie-Anne et Marie) y figurent bien, par contre celui-ci n’y apparaît pas. Peut-être a-t-il effectué sa première communion dans un autre lieu. Monsieur Renk précise : «Les registres des paroisses de Neuchâtel et de Peseux-Serrières présentent des lacunes. Les Archives de l’Etat ne les possèdent pas. Au milieu du XVIIIe siècle, la tenue des registres paroissiaux semble ne pas avoir été toujours faite de manière consciencieuse, si l’on se réfère aux Actes de la Classe (la Compagnie des Pasteurs).»


4.

George Keith et Jean-Jacques Rousseau se connaissaient très bien. Il existe une belle lettre de Rousseau concernant ce protecteur et dans ses Confessions, il en parle avec émotion et affection. Rousseau séjourne au Val-de-Travers entre 1762 et 1765, pendant la période où les Marat sont à Neuchâtel grâce au même George Keith.

Peut-on imaginer que Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) et Jean Mara (1704-1783) se soient rencontrés ? Y aurait-il l’une ou l’autre trace d’un contact ?


Indice 1: L’hypothèse a été formulée que Jean Mara aurait été précepteur des enfants adoptifs de George Keith, mais aucun document n’est venu confirmer cette intuition.


Indice 2: Concernant des connexions précises Jean-Paul Marat - J.-J. Rousseau, le seul roman de Marat Les Aventures du jeune comte Potowski a la Pologne comme décor et qui ignore l’intérêt que Rousseau portait à cette nation ?


5.

La bourgeoisie, acquise en 1765 par le père de Marat, Jean Mara, à Boudry est toujours contestée.

Sur ce site, dans les Repères chronologiques, on trouve cette indication : Jean Mara ne serait pas repris sur une liste de naturalisation. Comment obtenir le texte à propos de cette liste de naturalisation ?


Jean Mara, en tant que personne, a fait toutes les démarches requises pour obtenir ce titre de «bourgeois» :

3 passages pour obtenir le statut de «bourgeois non –jouissant», les 3 février, 3 mars et 21 avril 1765.

Le 21 avril 1765, il a obtenu de la communauté de Boudry, pour le prix de 400 livres faibles payées comptant, ce titre de «bourgeois non-jouissant», c’est-à-dire «non communier», parce que résidant à Neuchâtel hors de la «brévardie communale». S’il y a eu une erreur de la commune, cela ne le concerne pas. Elle n’a pas été reconnue et la commune ne lui a pas remboursé la somme payée!


6.

Qui pourrait apporter des précisions sur la formation en horlogerie d’Albertine Mara, née en 1756 à Neuchâtel (fabricante d’aiguilles) et de Jean-Pierre Mara, né en 1760 (ébaucheur), ainsi que sur leurs éventuelles relations avec la famille Breguet ?